Ces colocataires qui ne paient pas le loyer
En Martinique, on partage beaucoup de choses : le soleil, la mer, le ti-punch… et parfois, sans le savoir, sa maison avec des termites.
Eux aussi adorent le climat tropical !
Les termites : petits, discrets… et très organisés
Le termite martiniquais ( eh oui, on dit bien UN termite, même si on parle souvent de la colonie) n’a rien d’impressionnant à première vue. Pas de piqûre, pas de bourdonnement, pas de cris dans la nuit.
C’est justement ça, le problème.
Ces insectes vivent en colonies ultra-structurées, travaillent 24h/24 et se nourrissent principalement de bois (et de tout ce qui contient de la cellulose). Autrement dit : charpentes, poutres, meubles, plinthes, portes… buffet à volonté.
Et comme ils détestent la lumière, ils œuvrent en toute discrétion. Quand on les voit enfin, c’est souvent que les dégâts sont déjà bien avancés.
Dès qu’on prononce le mot termite en Martinique, on imagine sa maison qui s’effondre façon film catastrophe.
Spoiler : on se calme. Oui, les termites existent. Non, ils ne mangent pas tout sur leur passage !
Dédramatisons, sans pour autant faire l’autruche.
Pourquoi on en parle autant en Martinique, alors ?
Parce que le climat tropical est parfait pour eux : chaleur + humidité = ambiance spa.
Mais attention : présence possible ne veut pas dire invasion automatique.
Beaucoup de maisons n’ont jamais de problème de termites, surtout quand :
– les matériaux sont bien choisis,
– la construction est saine,
– l’humidité est maîtrisée,
– et la maison est suivie régulièrement.
Bref, les termites ne s’invitent pas partout, et encore moins par hasard.
Les termites, ces colocataires discrets (trop discrets)
Le vrai souci avec eux, ce n’est pas leur agressivité (ils sont plutôt zen), c’est leur discrétion.
Ils travaillent en silence, à l’abri de la lumière.
Pas de bruit, pas d’odeur, pas de message d’avertissement.
Mais pas de parano. Ils ont des goûts très précis.
Contrairement à la légende urbaine, les termites ne mangent pas n’importe quoi.
– Le béton ? Aucun intérêt.
– Le bois rouge (mahogany, courbaril, cumaru, etc.) ? Trop dur, trop dense… merci, mais non merci.
Ils préfèrent les bois plus tendres, humides, parfois mal ventilés.
En clair : si votre maison est en béton avec du bois adapté, elle ne les tentera pas.
(Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne viendront pas faire un tour « histoire de voir », mais ils ne s’installeront pas.)
Alors, pas la peine de paniquer si vous trouvez une petite galerie sèche et inactive sur le côté de votre deck en bois rouge !
Comment savoir si on est concerné (sans psychoter)
Pas besoin de taper sur tous les murs tous les dimanches. Il suffit de rester attentif à :
un bois qui devient très friable, des galeries visibles sur des éléments en bois, des petites ailes près des fenêtres à certaines périodes de l’année.
Prévention : mieux vaut prévenir que reconstruire
Bonne nouvelle : on peut agir avant l’invasion.
Quelques réflexes utiles en Martinique :
– faire inspecter sa maison régulièrement,
– éviter le bois en contact direct avec le sol,
– surveiller l’humidité,
– traiter préventivement lors de constructions ou rénovations,
– ne pas stocker de bois mort près de la maison (désolé pour le barbecue improvisé).
Et surtout : faire appel à un professionnel, et non, le mélange maison « vinaigre + citron + bonne volonté » ne suffira pas.
Et côté immobilier, on relativise aussi
Oui, les termites font partie du paysage antillais, et non, ce n’est pas un frein automatique à la vente d’un bien. Un diagnostic clair, une maison saine, des matériaux adaptés : le sujet est maîtrisé, pas dramatique.
Les termites en Martinique existent et sont présents sur l’ensemble de l’île, mais ne s’attaquent pas à tout, ne vont ni dans le béton ni dans le bois rouge, ils préfèrent les bois tendres et humides, se gèrent très bien avec un minimum de prévention.
Moralité : si vous entendez parler de termites, ne paniquez pas… mais n’attendez pas. Parce que, contrairement à vous, eux ne prendront jamais de vacances.
Si vous voulez en savoir plus, voire beaucoup plus…
https://agritrop.cirad.fr/476727/1/document_476727.pdf